Le cours -HBM6U13D - Ancien français 4 est un cours nouveau dans le cadre de l’offre de formation qui débute à la rentrée 2018, mais il doit aussi s’inscrire pour cette année 2018-2019 dans la continuité du programme de la précédente offre de formation, programme qui, pour l’ancien français, incluait LMDB11 Lire le texte médiéval 1, LMDC131 Lire le texte médiéval 2 et LMDD220 Lire le texte médiéval 3.

Or, comme le prouvent les nouveau titres de semestre 5 HBM5U09 « Ancien français 3 » et de semestre 6 HBM6U13D « Ancien français 4 », on constate une régression numérique, reflet de la mise en place plus tardive du cursus d’ancien français dans la nouvelle maquette.

Afin de gommer en partie cet effet régressif dans le programme, le cours de cette année 2018-2019 va aborder certes les spécificités stylistiques du discours narratif à travers la traduction, telle qu’elle est définie dans la plaquette, mais va continuer la progression entamée par les étudiants entrés en licence de lettres modernes en 2016, voire précédemment.

Cet enseignement achève le cycle d’apprentissage de lecture des textes médiévaux en licence : il permet d’assurer la capacité pour les étudiants à lire les textes du Moyen Âge de façon autonome, en variant les genres et les époques et constitue la suite logique de la préparation aux concours de l’enseignement secondaire. Il s’inscrit aussi dans la continuité du cours de semestre 5 HBM5U09D, avec lequel il partage des points communs en morphologie et sur lequel il s’appuie en phonétique et en sémantique.

Aussi, pour poursuivre dans la logique entamée en licence 2 de s’appuyer sur un texte, le programme de cette année va s’appuyer sur une œuvre  complète :

La Mule sans frein, éd. R.C. Johnston et D.D.R. Owen dans Two old French Gauvain Romances, Londres-Edimbourg, 1972, p. 61-89, texte attribué à un certain Païen de Maisières. Comme on aura l’occasion de l’étudier avec le nom même de l’auteur présumé, ce texte arthurien permet d’aborder la question de la parodie.  Il est destiné à faire rire et sourire : La Mule sans frein raconte en effet les déboires comiques et parodiques de celui qui est censé être le parangon de toute chevalerie, le modèle universel de bravoure et de courtoisie : Gauvain, le neveu du roi Arthur. Dans ce court roman arthurien, Gauvain aide une jeune fille à retrouver un objet dérisoire – le frein (ou le mors) de sa mule – mais sans doute symbolique dans un tournoiement d’aventures qui font toutes l’objet de dérision…

SFAD : De la production à la réception de l’intertexte

 

La Bruyère le concédait, lorsque la matière est épuisée, il demeure la manière. Tout texte ne peut être que réécriture, car tout texte est palimpseste des textes qu’il recouvre. Cette évidence qui, de la matière de Bretagne ou des Contes de ma mère l’Oye à l’Ulysse de Joyce traverse la création littéraire, est devenue au sein des oeuvres modernes et postmodernes l’enjeu par excellence des stratégies textuelles qui les fondent en existence. Le seuil titulaire, du fait de la transparence hypertextuelle qu’il arbore, peut à ce titre s’avérer injonctif. Plus profondément, plus sournoisement donc, l’autre en l’un ne peut être perceptible qu’au terme d’une décantation de l’œuvre qui exhibe certes sa souche, mais qui occulte la nature et les fonctions des liens tissés par ses ramifications. Enfin, comme le notait Barthes, l’intertexte lectural faisant fi de toute chronologie, le texte de Flaubert peut nous apparaître comme une réécriture de celui de Proust. Donc, en nous fondant sur la polysémie de la notion textuelle d’altérité, nous interrogerons les enjeux de ces écritures singulières qui s’inscrivent délibérément dans le sillage d’écritures exogènes. Au-delà du pastiche voire de la parodie, que disent-elles du moi du créateur, du monde dans lequel il vit, de sa relation à la littérature ? Une enquête d’ordre générique nous permettra d’affiner voire de compléter nos conclusions.