SFAD : De la production à la réception de l’intertexte

 

La Bruyère le concédait, lorsque la matière est épuisée, il demeure la manière. Tout texte ne peut être que réécriture, car tout texte est palimpseste des textes qu’il recouvre. Cette évidence qui, de la matière de Bretagne ou des Contes de ma mère l’Oye à l’Ulysse de Joyce traverse la création littéraire, est devenue au sein des oeuvres modernes et postmodernes l’enjeu par excellence des stratégies textuelles qui les fondent en existence. Le seuil titulaire, du fait de la transparence hypertextuelle qu’il arbore, peut à ce titre s’avérer injonctif. Plus profondément, plus sournoisement donc, l’autre en l’un ne peut être perceptible qu’au terme d’une décantation de l’œuvre qui exhibe certes sa souche, mais qui occulte la nature et les fonctions des liens tissés par ses ramifications. Enfin, comme le notait Barthes, l’intertexte lectural faisant fi de toute chronologie, le texte de Flaubert peut nous apparaître comme une réécriture de celui de Proust. Donc, en nous fondant sur la polysémie de la notion textuelle d’altérité, nous interrogerons les enjeux de ces écritures singulières qui s’inscrivent délibérément dans le sillage d’écritures exogènes. Au-delà du pastiche voire de la parodie, que disent-elles du moi du créateur, du monde dans lequel il vit, de sa relation à la littérature ? Une enquête d’ordre générique nous permettra d’affiner voire de compléter nos conclusions.