Suivant le fil conducteur de la critique et de la controverse, qui structure et dynamise l’anthropologie, Frédéric Saumade proposera une réflexion paradigmatique sur l’histoire de la discipline. Partant des ancêtres fondateurs de l’Humanisme et de la Philosophie des Lumières, puis se concentrant sur les débats fondamentaux qui caractérisèrent l’âge d’or de l’anthropologie, entre la seconde moitié du XIXe siècle et l’après Deuxième Guerre Mondiale, la perspective sur l’œuvre des grands auteurs classiques s’établira autour des axes Espace/temps, Primitif/civilisé, Oralité/écriture, Inné/acquis et Universalisme/relativisme. L’analyse des textes mettra en question les systèmes de classification anthropologique qui découlent de la dialectique du milieu et de l’intellect, et qui caractérisent, d’une façon ou d’une autre, les théories du déterminisme géographique, du totémisme, de la culture matérielle, des systèmes de parenté et des processus cognitifs, dont l’oeuvre de Lévi-Strauss a fait la synthèse critique. Outre cette perspective épistémologique, la question fondamentale de l’expérience personnelle de l’ethnologue sur le terrain donnera lieu à une archéologie reliant les « grands ancêtres » que furent les missionnaires religieux du Nouveau monde aux pionniers de l’observation participante, Frank Hamilton Cushing et Bronislaw Malinowski.

La dernière partie du cours, assurée par Fabio Viti, abordera le courant de l’anthropologie politique et dynamiste des écoles britannique (Evans-Pritchard, Fortes, Gluckman, Leach) et française (Balandier).