Traduction et interprétation Traduction littéraire
Séminaire Intermédialités (A. Locatelli)
Intervenants : Thierry Millet (semaines 1-4), Aude Locatelli (semaines 5-8) , Etienne Leterrier (semaines 9-12)
Mardi 9h-12h, salle C223

1) Partie portant sur le domaine cinéma-littérature, Thierry Millet, semaines 1 à 4
Programme A (2020-2021)
La multiplicité et la diversité des confrontations entre cinéma et littérature offrent un champ de
recherche et de réflexions infini. Depuis l’adaptation des textes littéraires (ou inversement la
transposition littéraire de films) jusqu’à l’écriture de scénarios, les deux arts entretiennent des
relations fortes et complexes où l’économie joue un rôle important.
L’analyse des films et l’exercice d’adaptation nous permettrons de mieux comprendre comment
les réalisateurs se saisissent d’un texte préexistant. Les auteurs envisagés : David W. Griffith, Robert
Bresson, Orson Welles, Jean-Luc Godard, Sofia Coppola ou Patrice Chéreau…
La variété des formes cinématographiques et littéraires proposées, ainsi que la singularité des
auteurs analysés dans ce cours, permettra également d’appréhender les questions liées à
l’adaptation cinématographique sur le plan historique et théorique.
Éléments de bibliographie
- Walter BENJAMIN, « La tâche du traducteur », Œuvres 1, Folio, Gallimard, Paris, 2000.
- Robert BRESSON, Notes sur le cinématographe, Gallimard, Paris, 1975.
- Jeanne-Marie CLERC et Monique CARCAUD MACAIRE, L’adaptation cinématographique
et littéraire, 50 questions, Klincksieck, Paris, 2004.
- Frederic SABOURAUD, L’adaptation au cinéma, Cahiers du cinéma/SCEREN-CNDP, 2006.
- Michel SERCEAU, L’adaptation cinématographique des textes littéraires, Liège, CEFAL,
1999.
- Francis VANOYE, L’adaptation littéraire au cinéma, Armand Colin, Paris, 2011.
- Francis VANOYE, Anne GOLIOT-LETE, Précis d’analyse filmique, Nathan coll. 128, Paris,
1992.
Films étudiés :
- David.W. Griffith, Naissance d’une nation, 1914
- Orson Welles, Othello, 1951
- Robert Bresson, L’argent, 1982
- Jean-Luc Godard, À bout de souffle 1960 et Histoire(s) du cinéma, 1988-98
- Sofia Coppola : Marie Antoinette, 2006
- Patrice Chéreau, La reine Margot, 1994
Programme B (2021-2022)
Il s’agit en quelques cours de confronter formes cinématographiques et formes littéraires en posant
des questions essentielles concernant le cinéma.
Qu’est-ce que le cinéma ? Comment un cinéaste se saisit d’un texte ? Non pas seulement de la
littérature, mais dans un sens plus large : texte philosophique, politique, économique, scientifique,
etc.
Notre visée n’est pas générale et abstraite, elle prend son sens dans la manière (le geste) dont un
auteur, scénariste ou réalisateur, se saisit d’un texte préexistant. L’analyse, et les exercices de
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transpositions croisées visent à expliciter ce geste, sa singularité et sa portée.
Les auteurs envisagés : Guy Debord, Luchino Visconti, Jean-Marie Straub et Danièle Huillet,
Patrice Chéreau, Arnaud Desplechin, Jim Jarmusch, Abdellatif Kechiche,…
Éléments de bibliographie
- Jean CLÉDER, Laurent JULLIER, Analyser une adaptation, Du texte à l’écran, Flammarion,
Paris, 2017.
- Guy DEBORD, La Société du spectacle, Buchet-Chastel, 1967 ; Champ libre, 1971 ;
Gallimard, 1992.
- Margueritte DURAS, Le camion, Minuit, Paris, 1977.
- Dominique PAÏNI, Le cinéma, un art moderne, Cahiers du Cinéma, 1997.
Textes complémentaires
- Georges DEVEREUX, Psychothérapie d’un indien des plaines, : réalités et rêve, (1951), Paris,
Fayard, 1998 ; 2013, préface d’Élisabeth Roudinesco.
- Alexandre DUMAS, La reine Margot,
- Joachim GASQUET, Cézanne, 1921, réédité en 2002 et 2012 par Encre marine. Thomas
MANN, Mort à Venise,
- Julie MAROH, Le bleu est une couleur chaude, Glénat, 2010.
Films proposés
- Guy Debord, Hurlements … 1952, La société du spectacle, 1973
- Luchino Visconti, Mort à Venise, 1971
- Marguerite Duras, India Song, 1975
- Jean-Marie Straub et Danièle Huillet, Cézanne, 1989
- Patrice Chéreau, La reine Margot, 1994
- Arnaud Desplechin, Jimmy P. , 2013
- Abdellatif Kechiche, La vie d’Adèle, 2013,

2) Partie portant sur le domaine musico-littéraire, Aude Locatelli, semaines 5 à 8
Programme A (2020-2021)
Approche, théorique et méthodologique, des rapports de la littérature et de la musique : réflexion
portant sur les relations entre ces deux arts, spécifiques en ce qu’ils correspondent à des systèmes
sémiotiques différents et donnant lieu à diverses formes d’interaction.
Œuvres littéraires de référence
- Alessandro Baricco, Novecento: pianiste [Novecento, un monologo], Gallimard, Folio,
2002.
- Thomas Bernhard, Le Naufragé [Der Untergeher], Gallimard, Folio, 1993.
- Pascal Quignard, Tous les matins du monde, Gallimard, Folio, 1993.
Éléments de bibliographie critique
- Jean-Louis Backès, Musique et littérature. Essai de poétique comparée, PUF, 1994.
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- Jean-Louis Cupers, Ouvertures mélopoétiques. Initiation aux études musico-littéraires,
PUP, « Textuelles », 2018.
- Aude Locatelli, Littérature et musique au XXe siècle, PUF, « Que sais-je ? », 2001.
- Werner Wolf, The musicalization of fiction : A Study in the Theory and History of
Intermediality, Rodopi Amsterdam-Atlanta, 1999.
Programme B (2021-2022)
Introduction à la notion d’intermédialité dans le domaine des rapports de la littérature et de la
musique : formes mixtes (co-présence texte et musique dans les domaines de la poésie chantée et
du théâtre lyrique) et oeuvres de fiction « musicales ».
Œuvres littéraires de référence
Paolo Maurensig, Le Violoniste (Canone inverso, 1996), 1998.
Charles Reznikoff, Le Musicien (The Manner Music, 1977), 1986.
Robert Schneider, Frère sommeil (Schlafes Bruder, 1992), 1994.
Éléments de bibliographie critique
- Jean-Louis Cupers, Ouvertures mélopoétiques. Initiationaux études musico-littéraires, PUP,
« Textuelles », 2018.
- Caroline Fischer (textes réunis par), Intermédialités, SFLGC, « Poétiques comparatistes »,
2015.
- Musique et roman (textes réunis par Y. Landerouin et A. Locatelli), Éditions du Manuscrit,
2009.
- Frédéric Sounac, Modèle musical et composition romanesque, Classiques Garnier, 2014.

3) Partie portant sur le domaine du portrait, littéraire, peint et photographique, Étienne
Leterrier, semaines 8 à 12
Étude de la notion d’intermédialité dans le domaine des rapports de la littérature et des arts
plastiques en creusant une seule question : celle du portrait.
Domaine partagé par la littérature, la peinture et la photographie, le portrait semble le lieu
privilégié d’une étude d’intermédialité. Le cours envisagera une formulation des
principales problématiques liées au portrait : réflexion sur la mimésis, et interrogation des rapports
qu’entretiennent le modèle et sa copie, de l’idéal d’imitation jusqu’à son inversion dans "l’éclipse
du sujet" suggérée à la suite des travaux de Jean-Luc Nancy.
Différentes fonctions du portrait seront abordées : représentations fidèles ou déformées, donnant
à voir mais aussi cherchant parfois à aveugler, le portrait est un genre pictural dont la particularité
est de simuler l’image du vivant et surtout d’organiser sa présence. Il est donc le lieu d’une
rencontre de l’altérité et celui d’une éthique, l’instant même où les regards se croisent et le rêve
d’une présence affranchie de l’espace et du temps.
Surtout, le portrait est aussi tributaire d’une construction et d’une évolution en tant que genre :
sa naissance situable approximativement à l’orée de la Renaissance italienne, sa tentation du
repli lorsqu’apparaît la photographie, feront émerger les étapes d’une théorisation qui traverse
toute l’histoire de l’art.
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Le dialogue du portrait pictural avec le portrait littéraire sera aussi commenté à travers plusieurs
exemples.
Les références bibliographiques seront transmises au début du semestre.

Parties critique* (A. Locatelli), réception (F. Manzari) et création (C. Pinçonnat) :

*Partie portant sur la critique littéraire : sensibilisation aux différentes approches critiques possibles des textes littéraires : critiques s’intéressant au rapport du texte et du contexte (perspectives historique et sociologique), privilégiant le texte (approches formelles, structuralisme notamment), réinterrogeant le rapport du texte et de l’auteur (ex. approche psychanalytique) ou déplaçant l’accent vers le lecteur (théories de la réception).

 

Eléments de bibliographie :

 

Gérard-Denis Farcy, Lexique de la critique, PUF, 1991.

Elisabeth Ravoux Rallo, Méthodes de critique littéraire, Armand Colin, 1993.

Anne Maurel, La critique, Hachette, collection « Contours littéraires », 1994.

Nadine Toursel, Jacques Vassevière : Littérature : 150 textes théoriques et critiques, A. Colin, 2015.