Sciences de l’homme, anthropologie, ethnologie

L'enquête de terrain, entendue comme pratique de l'observation-participation, constitue l'une des démarches essentielles de l'ethnologie. Ce module propose aux étudiants une découverte de cette pratique ethnographique. Le cours abordera l'histoire de l'enquête de terrain dans la discipline ainsi que les problèmes méthodologiques, épistémologiques et éthiques posés aux chercheurs. Des exercices pratiques (entretien, observation, documentation, etc.) seront mis en oeuvre. Cette unité d’enseignement a pour but de préparer les étudiants au stage de terrain organisé sur une semaine au semestre 5.

Le cours propose un regard anthropologique sur les questions du genre et des sexualités. Ces thématiques se sont constituées assez récemment comme un champ spécifique des sciences sociales mais ce sont aussi des thématiques transversales importantes pour une compréhension des cultures et des sociétés dans leur ensemble. Les thèmes suivants seront abordés : l’évolution de l’approche anthropologique de la différence sexuée et de la sexualité, les constructions sociales et culturelles du masculin et du féminin, le genre et la
sexualité entre pratique et identité, les formes de sexualité et leur compréhension sociale et culturelle, les expériences transgenres occidentales et non occidentales.

Ce cours abordera l’anthropologie économique à la fois sous l’angle général des notions qui articulent cette branche des sciences sociales et à partir de l’éclairage particulier des travaux personnels, théoriques et ethnographiques, des deux enseignants-chercheurs responsables, situés aussi bien sur des terrains traditionnels que modernes.

Il abordera la question de la valeur et des relations de confiance, de défiance et de dette, focalisée par des objets symboliques, tels que la monnaie, en illustrant la théorie générale par des études de cas américanistes. Puis, on analysera le problème des spécificités du modèle néolithique de l’Ancien monde (Eurasie et Afrique), fondé sur l’association de l’élevage et de l’agriculture, et donc l’invention du capital foncier et de la notion d’appropriation territoriale, ses conséquences sociologiques (en termes de parenté et de pouvoir notamment) et sa confrontation avec les civilisations précolombiennes qui ne connaissaient, à de très rares exceptions près, ni l’élevage ni la propriété privée.

 

 

L'objectif de cet enseignement est d'étudier les traits de la société provençale, les permanence et les discontinuités du XVIIIème siècle jusqu'à l'époque contemporaine. Il s'agira également de porter une réflexion sur la notion "d'esthétique" qui participe à la construction de l'identité régionale. Si ce cours porte effectivement sur les traits culturels de la Provence, il ne s'agit en aucun cas d'une approche "folklorique" au sens patrimonial du terme, mais bien d'une étude anthropologique (analyse des usages sociologiques et culturels) appliquée à un terrain régional français. Les thèmes suivants seront reliés aux problématiques sociales et politiques qu'ils soulèvent : la notion de « frontières » culturelles de la Provence et la construction complexe d'une identité morcelée ; l'organisation des terroirs et des espaces villageois ; le décorum urbain et la place du végétal ; la stratification sociale ; la transmission du patrimoine et l'impact de cette transmission dans les paysages et le renouvellement de la société locale (néo-ruraux) ; l’architecture traditionnelle et les "arts de vivre" (mas, ferme, bastides, cabanes et cabanons) ; les usages de l’eau (les fontaines, les lavoirs, l’irrigation gravitaire) ;  la solidarité et la sociabilité (les confréries de pénitents, les cercles et les chambrettes, les cafés...) ;  la passion pour le jeu (les lotos, la pétanque) ; les crèches « provençales » et les santonniers. Chaque chapitre sera l'occasion de réfléchir sur les usages sociaux et politiques du patrimoine régional (les fêtes, les crèches...). Un dossier thématique est présenté par Antonin Chabert sur le carnaval de Nice en mettant la focale sur un carnaval off organisé par la communauté gay.  Les séances seront toutes illustrées par des documents ethnographiques (photographies, extraits de films, musiques) mais aussi par des tableaux de maître choisis pour représenter la société provençale dans son environnement (Cézanne, Vincent van Gogh, Charles Camoin, Marcel Arnaud, Bernard Montagné, Victor Leydet, Clément Brun, Emile Loubon, les demoiselles Reynaud, Jean Caire, Marie Tonoir, Taradel, Auguste Chabaud, Paul Guigou, Couralet, Seyssaud, Louis Mathieu Verdilhan, Michel Uttaro…). Ce cours a pour objectif d'apporter des éléments de connaissances sur la Provence afin que les étudiants puissent décoder l'univers social et culturel qui les entoure et lire les paysages familiers (fontaines, chapelles, remparts et campaniles, platanes, cafés...). L'enseignement sera également l'occasion de présenter des problématiques contemporaines vives comme les rapports de sexe en Méditerranée, les usages (et appropriations) de l'espace publique et du littoral, la patrimonialisation et l'esthétisation d'une Provence "éternelle", les relations entre patrimoine et tourisme. En cette période de cristallisation des expressions religieuses, une attention particulière sera donnée aux usages sociaux et politiques des crèches provençales.

Mots clefs : Approche réflexive, anthropologie, ethnologie, France métropolitaine

L'anthropologie de la France (entendre par là les travaux et les initiatives concernant les pratiques sociales et culturelles observées sur le territoire de la France métropolitaine) a marqué l’histoire de l’anthropologie sociale et culturelle par son dynamisme et sa capacité à porter sur elle-même un regard réflexif. Cet ethnologie dite "du proche", "at home", permet de questionner non seulement les liens entre l'ethnologie et la construction des identités (régionales, nationales...) mais également l'entrelacs du "proche" et du "lointain", du "familier" et de "l'exotique", dans la construction du savoir anthropologique. La première partie du cours propose une approche épistémologique de l'ethnologie de la France dans son évolution historique du XIXème siècle au XXIème siècle. Il présente l’évolution des objets et des méthodes d’analyse ainsi que les ouvrages de références (épistémologiques, ethnographiques) qui ont contribué au cumul des connaissances et à la formation des savoirs. La seconde partie concerne les problématiques émergentes et les travaux les plus contemporains.

Différents thématiques seront abordés : l’émergence de la notion de « cultures régionales » et les liens entre l’ethnologie et l’histoire nationale ; les études folkloristes (notamment à travers l’œuvre d’Arnold Van Gennep), leurs dimensions scientifiques et leurs instrumentalisations politiques ; les grandes enquêtes conduites sous l’égide du Musée des Arts et Traditions Populaires à Paris (MATP) et de Georges Henri Rivière ; les "enquêtes-collectes" aujourd'hui dans le cadre des politiques scientifiques du MUCEM (Foot (exposition 2018), Sida (2021)...) ; la fascination pour le « local » caractéristique des années 1950-1960 (la commune, le quartier, la petite région étant perçus comme « l’objet idéal » de l’ethnologie à la fin du XXème siècle) ; la mise en oeuvre des grands chantiers collectifs ; l'apparition progressive des femmes dans les laboratoires de recherches et sur les terrains et l'évolution des objets de recherche au prisme du genre ; le tournant épistémologiques de la fin du XXème siècle (variation des niveaux d’observation, les "nouveaux objets", du rural vers l'urbain, des particularismes aux phénomènes de masse...).

Cet enseignement permettra également de discuter la complémentarité de l’ethnologie, de l’histoire, de la sociologie, de la littérature et du cinéma dans le cadre du processus de connaissance des faits sociaux et culturels. La participation active des étudiants est attendue. Quelques exposés (non obligatoires mais comptant dans l'évaluation de ceux qui les perdront en charge) sur les ouvrages les plus récents seront organisés.

Présentation et informations utiles pour la Licence d'Anthropologie, de la L1 à la L3

Présentation de recherches en cours par les chercheurs sur des thématiques contemporaines non abordées dans l'offre de formation dans le cadre de cours spécifique. Formation à la recherche par la recherche en cours. 

La filiation et de l'alliance dans la construction du sujet.

Il s'agira dans ce cours de présenter des approches théoriques différentes mais complémentaires sur la culture matérielle en développant des exemples ethnographiques et méthodologiques concrets.

Qu’est-ce que des enquêtes centrées sur la culture matérielle apportent dans la compréhension de problématiques anthropologiques plus larges ? Où aller chercher les sources ? Quels dispositifs d’enquête déployer ?
L’objectif du cours est d’aborder des travaux classiques en anthropologie de l’Océanie sous l’angle de ce qu’ils ont apportés à l’anthropologie en général et d’ouvrir vers les recherches plus contemporaines sur la région (en liant les deux autant que possible)