Proposer une restitution collective des enquêtes menées au premier semestre, sous forme d’exposé oral et de support PowerPoint.

Sur la base de grandes lectures classiques de l’anthropologie américaniste et d'exemples vécus sur les terrains du Mexique et des Etats-Unis, on présente les particularités structurantes des sociétés amérindiennes en mettant en évidence, à travers les formes d’organisation sociale, les pratiques guerrières et cynégétiques, les rites et les mythologies, les étonnantes correspondances qui donnent une certaine cohérence culturelle au continent, en dépit de l’immensité qui le caractérise. 

Ce cours entend donner des repères et des outils en matière d'anthropologie des migrations. Sa première partie porte sur la manière dont les différentes disciplines des sciences sociales appréhendent ce phénomène, tandis que la seconde porte sur les liens entre migrations et émotions/ affects.

HAN4U08

Anthropologie Politique. L 2-3 (S 4-6)

2018-2019

Fabio Viti

Programme du cours

L’anthropologie politique aborde la question du pouvoir, de l’autorité, du recours à la force, du maintien de l’ordre et de la cohésion sociale dans toute sorte de société, simple ou complexe, pré-moderne ou contemporaine. La réflexion sur l’État est fondatrice de la pensée politique, même si l’État n’est pas la seule forme organisée dans laquelle un pouvoir légitime peut s’exercer. La contribution majeure de l’Anthropologie politique réside d’ailleurs dans la mise en lumière de l’existence de formes non-centralisées de pouvoir qui, tout en se passant d’une organisation étatique, parviennent à maintenir l’ordre et l’équilibre, à assurer la redistribution des ressources, à garantir la sécurité interne et la protection vis-à-vis des menaces venant de l’extérieur. De nombreuses sociétés non occidentales ont pu, en effet, se structurer de manière cohérente et efficace autour d’autres formes politiques, non-étatiques ou non-centralisées, mais pas pour autant dépourvues de pouvoir et d’autorité, basées sur les principes et les règles de la parenté, sur la communauté territoriale, sur les catégories d’âge. Des formations politiques centralisées, étatiques, ne sont pas non plus inconnues des sociétés précoloniales, amérindiennes, asiatiques, africaines. Toute société, étatique ou non-étatique, présente par ailleurs une stratification sociale, un système d’inégalités, voire une hiérarchie plus ou moins prononcée, basés en premier lieu sur les différences de genre, d’âge, de rang social. De même, aucune formation politique ne semble se passer de rituels et de liturgies spécifiques, dans lesquels le pouvoir se donne à voir, se met en scène, tout en occultant ou en euphémisant la composante de violence qui en constitue le noyau fondateur et irréductible, véritable « part maudite » qu’il convient de cacher en quête d’une légitimité fondée sur l’adhésion et le libre consentement.

Bibliographie générale

Abélès Marc, Anthropologie de l’Etat, Paris, Armand Colin, 1990.

Balandier Georges, Anthropologie politique, Paris, Puf, 1967.

Ciavolella Riccardo, Wittersheim Eric, Introduction à l’anthropologie du politique, Louvain la Neuve, De Boeck, 2016.

Rivière Claude, Anthropologie politique, Paris, Armand Colin, 2000.

 Bibliographie complémentaire

Balandier Georges, Les pouvoir sur scène, Paris, Balland, 1980.

Juillard Jacques, dir., La mort du roi. Essai d’ethnographie politique comparée, Paris, Gallimard, 1999 [pp. 9-230].

Kertzer David I., Ritual, Politics, and Power, New Haven, Yale University Press, 1988.

Rivière Claude, Les liturgies politiques, Paris, PUF, 1988.

 

HAN4U06

Anthropologie de l’Afrique de l’Ouest.

L 2-3 – S 4-6

2018-2019

Fabio Viti

Programme

Esclavage et dépendance personnelle en Afrique

Faisant suite au cours d’Anthropologie de l’Afrique, consacré à la présentation des notions de base de l’anthropologie africaniste, le cours d’Anthropologie de l’Afrique de l’Ouest a pour objectif l’approfondissement d’une thématique particulière, celle de l’esclavage et des formes de dépendance personnelle dans les sociétés ouest-africaines, historiques et contemporaines. Il n’est néanmoins pas nécessaire d’avoir suivi le cours d’Anthropologie de l’Afrique pour assister à ce cours.

Après une analyse critique des catégories employées, les formes d’appropriation et de contrôle de la personne seront examinées dans le détail, sur la base d’exemples ouest-africains. Tout d’abord, une distinction fondamentale entre dépendance personnelle et dépendance matérielle sera introduite et justifiée théoriquement. Par la suite, à partir de la matrice universelle des rapports de dépendance « ordinaires » basés sur la dimension familiale (rapports d’appartenance, inclusion, filiation et affiliation), d’autres formes d’assujettissement et de domination « augmentées » exercées sur la personne en milieu extrafamilial (esclavage, captivité, asservissement, mise en gage, traite et trafic d’êtres humains) seront également analysées.

La figure de l’esclave sera en particulier approfondie dans ses différents aspects : esclave « domestique », esclave-marchandise, esclave de traite ; état et condition des esclaves ; prix et valeur ; formes légales de réduction en esclavage et de propriété des esclaves ; justifications de l’esclavage ; rapports entre l’esclavage et la guerre ; esclavage de cour. La connexion entre l’esclavage interne (« indigenous slavery ») et celui destiné à alimenter la traite atlantique ou transsaharienne sera analysée, ainsi que le rôle actif des puissances africaines dans ce commerce.

Les cas controversés de persistance de rapports esclavagistes ou serviles, les nouvelles formes d’assujettissement dans le monde contemporain globalisé (mondes africains et milieux d’émigration) seront également abordés : reprise de pratiques de mise en gage, « confiage » détourné des enfants, esclavage pour dettes, asservissement, travail forcé ou obligatoire, traite de personnes, rapports d’exploitation « paternalistes », travail gratuit et travail des enfants.

Un relief particulier sera enfin donné aux mémoires et aux héritages symboliques et matériels des différentes formes d’esclavage qui continuent d’informer les rapports sociaux dans de nombreuses sociétés africaines contemporaines, dans les milieux d’émigrations et dans les diasporas.

Bibliographie générale*

Balandier Georges, Anthropo-logiques, Paris, PUF, 1974.

Cahiers d’Etudes africaines, 3-4 (179-180), 2005, numéro thématique Esclavage moderne ou modernité de l’esclavage ?

Coquery-Vidrovitch Catherine, Mesnard Eric, Etre esclave. Afrique-Amériques XV-XIXe siècle, Paris, La Découverte, 2013.

Diakité Tidiane, La traite des Noirs et ses acteurs africains, Paris, Berg International, 2008.

Grenouilleau Olivier, Qu’est-ce que l’esclavage ? Histoire globale, Paris, Gallimard, 2014.

Journal des Africanistes, 70, 1-2, 2000, numéro thématique L’ombre portée de l’esclavage. Avatars contemporains de l’oppression sociale.

Meillassoux Claude (dir.), L’esclavage en Afrique précoloniale, Paris, Maspero, 1975.

Meillassoux Claude, Anthropologie de l’esclavage, Paris, PUF, 1986.

Miers Suzanne & Igor Kopytoff (eds.), Slavery in Africa. Historical and Anthropological Perspectives, Madison, The University of Wisconsin Press, 1977.

Pétré-Grenouilleau Olivier, Les traites des esclaves. Essai d’histoire globale, Paris, Gallimard, 2005.

Politique africaine, 140, 2015, numéro thématique Post-esclavage et mobilisation.

Renault François & Daget Serge, Les traites négrières en Afrique, Paris, Karthala, 1985.

Testart Alain, L’esclave, la dette et le pouvoir. Études de sociologie comparative, Paris, Errance, 2001.

Viti Fabio, Schiavi, servi e dipendenti. Antropologia delle forme di dipendenza personale in Africa, Milano, Cortina, 2007.

* D’autres indications bibliographies seront fournies pendant le cours.

 Bibliographie complémentaire

Esclavage domestique

Sociétés Akan

Emmanuel Terray, « Les captifs dans le royaume abron du Gyaman », in L’esclavage en Afrique précoloniale, dix-sept études présentées par Claude Meillassoux, Paris, Maspero, 1975, pp. 389-453.

Claude-Hélène Perrot, « Les captifs dans le royaume anyi du Ndényé », in L’esclavage en Afrique précoloniale, dix-sept études présentées par Claude Meillassoux, Paris, Maspero, 1975, pp. 351-388.

Fabio Viti, « L’esclavage au Baoulé précolonial », L’Homme, 152, 1999, pp. 53-88.

Esclaves chez les Touareg

Edmond Bernus et Suzanne Bernus, « L’évolution de la condition servile chez les Touaregs sahéliens », in L’esclavage en Afrique précoloniale, dix-sept études présentées par Claude Meillassoux, Paris, Maspero, 1975, pp. 27-47.

Pierre Bonte, « Esclavage et relations de dépendance chez les Touareg Kel Gress », in L’esclavage en Afrique précoloniale, dix-sept études présentées par Claude Meillassoux, Paris, Maspero, 1975, pp. 49-76.

André Bourgeot, « Rapports esclavagistes et conditions d’affranchissement chez les Imuhag (Twareg kel Ahaggar) », in L’esclavage en Afrique précoloniale, dix-sept études présentées par Claude Meillassoux, Paris, Maspero, 1975, pp. 77-97.

Esclaves du pouvoir

Jean-Louis Boutillier, « Les trois esclaves de Bouna », in L’esclavage en Afrique précoloniale, dix-sept études présentées par Claude Meillassoux, Paris, Maspero, 1975, pp. 253-280.

Jean Bazin, « Guerre et servitude à Ségou », in L’esclavage en Afrique précoloniale, dix-sept études présentées par Claude Meillassoux, Paris, Maspero, 1975, pp. 135-181.

Marc-Henri Piault, « Captifs du pouvoir et pouvoir des captifs », in L’esclavage en Afrique précoloniale, dix-sept études présentées par Claude Meillassoux, Paris, Maspero, 1975, pp. 321-350.

 Dépendance personnelle

Mauritanie

Urs Peter Ruf, « Du neuf dans le vieux : la situation des harâtîn et ‘abid en Mauritanie rurale », Journal des Africanistes, 70, 1-2 (L’ombre portée de l’esclavage. Avatars contemporains de l’oppression sociale), 2000, pp. 239-254.

Ousmane Kamara, « Les divisions statutaires des descendants d’esclaves au Fuuta Tooro mauritanien », Journal des Africanistes, 70, 1-2 (L’ombre portée de l’esclavage. Avatars contemporains de l’oppression sociale), 2000, pp. 265-289.

Boubacar Messaoud, « L’esclavage en Mauritanie : de l’idéologie du silence à la mise en question », Journal des Africanistes, 70, 1-2 (L’ombre portée de l’esclavage. Avatars contemporains de l’oppression sociale), 2000, pp. 291-337.

Post-esclavage

Lotte Pelckmans, Christine Hardung, « La question de l’esclavage en Afrique : politisation et mobilisation », Politique africaine, 140, 2015, pp. 5-22.

Marco Gardini, « L’acivisme politique des descendants d’esclaves à Antananarivo : les héritages de Zoam », Politique africaine, 140, 2015, pp. 23-40.

Marie Pierre Ballarin, « L’esclavage en Héritage et l’émergence d’une mobilisation sociopolitique au Kenya » Politique africaine, 140, 2015, pp. 41-59.

Elisabeth Cunin, « Postface. Une perspective comparative sur les ‘sociétés pos-esclavagistes’ » Politique africaine, 140, 2015, pp. 83-98.

Enfance au travail

Mélanie Jacquemin, « ‘Petites nièces’ et petites bonnes : le travail des fillettes en milieu urbain de Côte-d’Ivoire », Journal des Africanistes, 70, 1-2 (L’ombre portée de l’esclavage. Avatars contemporains de l’oppression sociale), 2000, pp. 105-122.

Fabio Viti, « Travailler pour rien. L’apprentissage en Côte-d’Ivoire urbaine (Abidjan, Toumodi) », Cahiers d’Etudes africaines, 45, 3-4 (179-180), 2005, pp. 1037-1067.

Fabio Viti, « Du don au tarif. Les rapports sociaux d’apprentissage (Sénégal, Côte d’Ivoire, Togo) », in Pascale Moity Maïzi, dir., Savoirs et reconnaissance dans les sociétés africaines, Paris, Karthala, 2015, pp. 39-57.

Circulation des enfants

Mona Etienne, « Maternité sociale, rapports d’adoption et pouvoir des femmes chez les Baoulé (Côte d’Ivoire) », L’Homme, 19, 3-4, 1979, pp. 63-107.

Marguerite Dupire, « L’ambiguïté structurale du fosterage dans une société matri-virilocale (Seerer Ndut, Sénégal », Anthropologie et Sociétés, 12, 2, 1988, pp. 7-24.

Suzanne Lallemand, « Adoption, fosterage et alliance », Anthropologie et Sociétés, 12 (2), 1988, pp. 25–40.

Etrangers

Peter Hochet, « Migrations, agro-élevage et développement parmi les Minyanka du sud-est du Mali : la construction de l'étranger utile », Cahiers d'Études Africaines, 46, 183, 2006, pp. 615-631.

Dakouri Gadou, « Entre menace et chance : l’étranger en pays dida », in Fabio Viti, dir., La Côte d’Ivoire et ses étranges, Paris, L’Harmattan, 2016, pp. 141-172.

Fabio Viti, « Aofue, l’hôte et l’étranger dans l’histoire et la culture baoulé », in Fabio Viti, dir., La Côte d’Ivoire et ses étranges, Paris, L’Harmattan, 2016, pp. 173-213.

Présentation de recherches anthropologiques conduites sur les sociétés européennes contemporaines. Plusieurs domaines seront abordés : les pratiques religieuses, la notion de patrimoine, les fêtes et les jeux, les politiques migratoires, la construction des nationalismes...

Présentation des applications professionnelles de l’anthropologie sociale et culturelle par la présentation de différents secteurs d’activité mettant en œuvre les compétences de l’anthropologue. Ce cours propose une série de conférences « métiers » en collaboration avec des professionnels issus de différents secteurs d’activité (enseignements et recherches, cinéma, musées, patrimoine…). Les étudiants doivent réaliser un stage en entreprise ou en institution.