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Philosophie Générale Maxime Kristanek Cours 1 : La philosophie morale

On divise la philo en plusieurs domaines : philo morale, politique, épistémologie (qu’est-ce que le savoir ? Qu’est-ce qu’une croyance), Philo de l’esprit (rapport corps/esprit), Philosophie du langage, Métaphysique (existence de Dieu, du libre arbitre), Esthétique (qu’est-ce que la beauté ?).

Qu’est-ce que la morale ? Il faut partir du langage moral. Lorsqu’on parle de morale, on fait des jugements moraux. Distinction entre jugement descriptif (« cette table est ronde »), jugement évaluatif (« ce repas était délicieux ») et jugement normatif (« tu dois respecter les autres »). Le langage moral est une combinaison de jugements évaluatif et jugement normatif.

Lorsqu’on fait un jugement moral, que juge-t-on ? Une pensée, une action, un caractère, une personne. Toutes ces entités sont susceptibles d’être moralement jugée.
Quand on fait un jugement moral, il peut prendre une forme mentale ou linguistique qui prend la forme d’un énoncé moral, il peut être écrit ou oral. On attribue une propriété morale à une entité. Propriété= caractéristique. Distinction entre propriété physique (lourdeur, épaisseur, longueur, chaleur) et propriété morale (bon et mauvais).

Bon et mauvais : sens bcp plus large. On évalue dans un sens non moral : esthétique (quel grand film !), gustatif (ce repas était délicieux), technique (c’est un bon couteau) Usage évaluatif, on évalue des choses. Touts les jugements évaluatifs ne sont donc pas moraux.
Evaluer= attribuer de la valeur à quelque chose. On évalue les choses à l’aune des valeurs, qui sont des standards d’évaluation.

Les faits d’un côté, les valeurs de l’autre, pas toujours facile de tracer la ligne de démarcation entre les faits et les valeurs. Naissance de polémiques, ou les gens prétendent ne pas faire de jugement évaluatif, mais simplement constater des faits. Si je dis « l’islam est une religion dangereuse, s’agit-il d’un jugement évaluatif ou descriptif ? »

Distinction entre valeur intrinsèque et extrinsèque. Quelque chose possède une valeur intrinsèque si elle possède une valeur en soi. Choses qui posséderaient une valeur intrinsèque : le plaisir et la liberté. Le nihiliste est celui qui affirme que rien ne possède de valeur intrinsèque. Le philosophe anglais Bertrand Russell a défendu un argument nihiliste dans son ouvrage Science et Religion : rien ne possède de valeur intrinsèque parce que la vie humaine est éphémère du point de vue de l’univers, elle n’est qu’un épiphénomène. Qu’elle existe ou non ne change rien au destin de l’univers.

La valeur extrinsèque d’une chose, c’est sa valeur instrumentale. Si j’accorde de la valeur au sport, c’est parce qu’il me procure du plaisir. La valeur extrinsèque d’une chose est connectée à nos désirs. Si une chose possédant une valeur extrinsèque ne nous apporte plus le bien que nous désirons, elle perd sa valeur.

Débat subjectivisme/ objectivisme
Les subjectivistes soutiennent que les jugements moraux décrivent simplement les émotions de celui qui juge. « L’esclavage est immoral », signifie « je désapprouve l’esclavage ». Le non-cognitivisme est une forme extrême de subjectivisme : les jugements moraux expriment simplement des émotions. Dire que l’esclavage est immoral revient à exprimer une émotion de rejet, de dégoût envers l’esclavage.

Le subjectivisme et le non-cognitivisme ont pour conséquence le relativisme. Il n’existe pas de vérité morale universelle. Les désaccords moraux ne peuvent être tranchés rationnellement. Par conséquent, il est inutile d’en débattre. Tolérance des autres ou rapport de force, mais pas de débat.

Objectivité= Fait d’être vrai, de manière indépendante des croyances des gens. « La Terre est ronde » est une vérité objective si elle ne dépend pas de ce que croit les gens. La Terre est ronde même si des gens croient qu’elle est plate (le platisme).

Est-ce que les jugements moraux sont objectifs ? Est-ce qu’ils sont susceptibles d’être vrais ou faux, objectivement ? Le cognitivisme est la thèse qui consiste à dire que les jugements moraux sont susceptibles d’être vrai ou faux. Par exemple, pourrait-on affirmer que la démocratie est le meilleur des régimes ? Est-ce une vérité objective ou une simple approbation subjective de la démocratie ?

Si on est cognitiviste, alors on peut débattre, même si les débats moraux sont émotionnellement chargés (les gens s’énervent, s’indignent, se vexent, etc.) L’Ethique appliquée est la partie de la philosophie morale qui présente les débats en morale. Il en existe une multitude : débat sur l’esclavage, le port d’arme, le port du voile, les droits des femmes, l’euthanasie (à ne pas confondre avec l’Etat nazi), le suicide, le véganisme (a-t-on le droit d’exploiter les animaux ?), l’avortement, les inégalités sociales, la désexualisation des seins.

Perspective cognitiviste, on se place dans une démarche cognitiviste afin d’étudier les débats moraux pour dégager des caractéristiques des phénomènes moraux et savoir si le cognitivisme est vrai.

Débat proposé par une étudiante : la désexualisation des seins. Les seins doivent être désexualisés, c’est-à-dire qu’ils ne doivent plus être considérés comme un objet sexuel, afin que les femmes puissent être seins nus, sans conséquence désagréable. Si on débat, alors on avance des arguments, pour trouver la vérité morale.

1er argument : la désexualisation des seins permet d’augmenter la liberté des femmes. La liberté politique est quantitative : on est plus ou moins libres. Plus on possède des droits, plus on est libre. Les féministes affirment que les femmes ont moins de liberté que les hommes. La liberté posséderait une valeur intrinsèque.