Arts du spectacle
On s’efforcera d’apprendre à lire quelques pièces d’auteurs contemporains, qui élaborent des outils de composition forgés à leur mesure. Le cours visera en partie à nommer ces outils et à les éprouver sur ces textes. Cette lecture sera conduite suivant une question englobante, celle des seuils de l’écriture dramatique dans l’assaut qu’elle porte à ses confins romanesques, poétiques, musicales, voire politiques. Les poétiques de Peter Handke et de Koffi Kwahulé sont autant des chants d’amour que de haine à l’égard de l’écriture, du théâtre et du monde. Une haine éprouvée au nom de l’amour désiré. Interroger la dialectique allant de l’une à l’autre et puisant dans l’une les forces pour renverser l’autre sera de ce cours le programme autant que pari et le désir.
Programme :
- Par les villages, de Peter Handke, Paris, Gallimard, 1983.
- L’odeur des arbres, de Koffi Kwahulé, Paris, Éditions Théâtrales, 2017.
Le théâtre est-il politique ? Par nature, ou par déviance ? Dans une époque — la nôtre — où le mot d’ordre est à l’impératif politique, où règne le slogan du « tout est politique », comment penser la singularité de la pratique théâtrale d’un point de vue politique ? Si le théâtre a encore à voir avec le monde, et s’il dialogue avec la société dans laquelle il s’inscrit, il faudrait voir dans quelle mesure l’art théâtral tout à la fois résiste aux injonctions de la société (qui voudraient que les artistes deviennent des travailleurs sociaux, œuvrant au vivre-ensemble, et palliant ainsi les dé- faillances de l’état social) et fabrique malgré tout une parole et une pratique politique. Reste la périlleuse alternative : contester le monde, sinon en être complices ? Si le théâtre est politique, c’est dans la mesure d’une inquiétude et d’une responsabilité : celles qui appelleraient une ré- ponse aux violences qu’on nous inflige, et confieraient au spectateur la tâche de la construire.
Cette année, le travail s’articulera autour d’événements théâtraux qui ont mis en visibilité les rapports politiques entre théâtre et société.
Nous suivrons au fil du XXe siècle l’intense débat critique dont le travail de l’acteur a été l’objet afin de saisir les enjeux des mutations actuelles. Cette investigation historique, focalisée sur les déconstructions du jeu mimétique, s’articulera à une analyse théorique des principaux méca- nismes du jeu de l’acteur (image, corps, texte).
Spectacle obligatoire (dans la mesure des places disponibles...) : JEU 5 NOV – 15h & 20h, Théâtre Antoine Vitez, INTÉRIEUR-TABLE (Sur le jour fugace), de Marie Lelardoux / Cie émile saar & SAM 28 NOV – 19h, Théâtre Antoine Vitez, ET LE CŒUR FUME ENCORE de Alice Carré et Margaux Eskenazi / mise en scène Margaux Eskenazi / Cie Nova

Vendredi de 9h à 11h
Aix, salle E004
Les 02, 9, 16, 23 octobre ; 6, 13, 20, 27 novembre
Partant du discours de l’anthropologie, il s’agira de voir comment la problématique du mythe et des pratiques rituelles s’est développée au début du XXe siècle dans l’esthétique théâtrale. Ce cours esquissera ainsi un parcours dans des dramaturgies non-européennes et non-textuelles, via la lecture du Théâtre de la Cruauté d’Antonin Artaud : interroger le regard d’un occidental sur des pratiques radicalement étrangères – théâtralités balinaises, japonaises, opéra chinois, ou rites chamaniques sibériens et sacrificiels vaudous – permettra d’ouvrir le théâtre à une mise en perspective culturelle et anthropologique de ce que nous nommons art, et ainsi un questionnement de ses frontières. Il s’agira en retour d’interroger notre regard sur ce qui fait d’un exercice rituel une pratique artistique.