Lettres

Les genres littéraires ne sont pas des catégories vides de sens, mais toute théorie des genres porte en soi une vision du monde et donc une idéologie politique. "Régime esthétique" (Rancière) et régime politique sont intimement liés. C'est cette jonction qu'il s'agit ici d'étudier, en s'interrogeant en particulier sur les liens entre tragédie/comédie, roman et démocratie. 

Bibliographie :

Œuvres théoriques au programme :

Aristote, Poétique (toute édition, en priorité de Le livre de poche)

Rancière, Jacques, La Parole muette. Essai sur les contradictions de la littérature, Paris, Hachette, 1998 (réédition poche, Hachette Pluriel, 2005).

Bibliographie complémentaire conseillée :

Combe, Dominique, Les genres littéraires, Paris, Hachette, coll. Supérieur, 1992 (très utile, informé, clair).

Combe, D., « La stylistique des genres » :  http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/lfr_00238368_2002_num_135_1_6461

Genette, Gérard et Todorov, Tzvetan (éd.), Théorie des genres, Paris, Seuil, coll. Points, 1986.

Jauss, H.R., Pour une esthétique de la réception (1967), trad. fr., Paris, Tel Gallimard, 1978.

Todorov, Tzvetan, Les genres du discours, Paris, Seuil, coll. Poétique, 1978.

Frye, Northop, Anatomie de la critique, Paris, Gallimard, 1969 (Anatomy of criticism. Four Essays, 1957).

Hamburger, Käte, Logique des genres, Paris, Seuil, coll. Poétique, 1986 (Die Logik der Dichtung, 1968).

Taminiaux, Jacques, Le théâtre des philosophes, Grenoble, J. Millon, 1995.

 Cet enseignement problématise les rapports de la littérature et de la langue française à la réalité. Il propose une

introduction aux études littéraires et linguistiques, et vise à faire réfléchir les étudiant-e-s aux mécanismes

fondamentaux de représentation à l’oeuvre dans les textes, et à leur faire acquérir les outils nécessaires pour en

rendre compte en articulant approches littéraires et linguistiques de la référentialité.

Si d’un point de vue purement logique l’identité et l’altérité s’opposent, elles n’entretiennent pas moins une relation permanente de construction réciproque dont témoignent les œuvres littéraires. Les enseignements de l’UE interrogent de façon critique le couple altérité vs. identité dans ses aspects littéraires, linguistiques, historiques et anthropologiques en se centrant sur la relation à l’Autre, l’étude du dialogisme, de l’intertextualité, des réécritures et hybridations génériques pour mettre en perspective l’altérité-même de la littérature.

Les objectifs consistent à se familiariser avec la diversité des littératures françaises de l’époque médiévale aux écritures francophones contemporaines pour situer les différentes productions de façon précise dans leur contexte, à élaborer une perspective critique sur l’inclusion ou l’exclusion des textes dans le canon littéraire, à produire à l’écrit et à l’oral des analyses argumentées, précises et nuancées des œuvres étudiées grâce à l’éclairage apporté par différents travaux théoriques.

Le cours aborde les différentes facettes de l’altérité en trois volets principaux :

  1. 1.    L’Autre de la littérature (le littéraire et ses autres) : marges du livre, du texte, du littéraire, poésie orale et oraliture, centre et périphérie, « mauvais genres » et « contre-littératures ».
  2. 2.    Nous et les autres : rencontres et conflits, discours sur l’Autre et discours de l’Autre, littérature de voyages, exotisme, post-exotisme et esthétique du Divers, distance et opacité culturelle, interculturalités, transculturalités, poétiques de l’altérité et de la relation.
  3. 3.    L’Autre dans le texte : altérité dans le discours, altérités langagière et linguistique, dialogisme, polyphonie, hybridités génériques, appropriations poétiques, pratiques hétérolingues et translingues, intertextualités subversives (reprises, pastiches, parodies, réécritures, réinventions), lectures hétérodoxes, texte singulier du lecteur.

 

Le point de vue de l’animal (Eric Lecler).

 

 

La littérature (l’écriture, la lecture) opère des décentrements du discours qui permettent de dire, de voir autrement le monde. Cette hypothèse de départ nous permet d’étudier dans l’espace littéraire un fait social contemporain : l’émergence du point de vue de l’animal. Il s’agit non seulement de revenir sur une nouvelle façon d’entre-définir l’homme et l’animal, mais aussi de découvrir une nouvelle écriture de ce rapport. Par exemple : une bête a-t-elle « droit » au statut de sujet ? Ou bien l’auteur peut-il à ce point décentrer l’écriture de soi-même, de son humanité, qu’il donne voix à l’animal, sans nécessairement faire de l’animal un locuteur ? Dans les deux cas, l’animal est dans la littérature (et la philosophie, dont des textes seront ici étudiés) ce qui justifie l’écriture définie comme une autre façon d’exprimer le monde, voire de montrer un autre monde. Le « devenir animal » est alors consubstantiel à la littérature – ainsi qu’à d’autres arts, comme le cinéma.

 

Un panel de textes fondamentaux sera distribué en cours (Homère, extr. Odyssée, Montaigne, extr. Les Essais, La Fontaine, extr. Fables, Rilke, VIIIème Elégie de Duino, Derrida, extr. L’animal que donc je suis, Deleuze, extr. Dialogues avec Claire Parnet).

 

Œuvres au programme à se procurer :

Bailly, Jean-Christophe, Le parti-pris des animaux, Paris, Christian Bourgois-éditeur, 2013. Kafka, Franz, La métamorphose, C. David (trad.), Paris, folio Gallimard, 2015 (pour les germanistes, se procurer une édition en allemand, le texte est facile à lire).

Mouawad, Wajdi, Anima, Arles, Actes Sud, 2012.

 

Film : Robert Bresson, Au hasard Balthazar (1966).